dimanche 23 novembre 2014

20 au 23 novembre – Abel Tasman National Park

Nous voici de retour de notre périple sur le sentier Abel Tasman. Nous sommes maintenant installés pour la nuit à Edens Edge à Riwaka qui est un vrai paradis. Dès notre arrivée, j'ai pris assaut la laveuse à linge et j'ai lavé nos vêtements de randonnée qui en avaient grand besoin, puis nous sommes passés à la douche car nous en avons été privés pendant 4 jours; nous aussi en avions bien besoin.  Dans les huttes d'Abel Tasman, il n'y a pas de douche, à l'exception d'une assez primitive à l'extérieur, cachée par des paravents et à l'eau froide.  Je vous fais maintenant le récit de nos aventures et rencontres sur Abel Tasman.

Jour 1 – Marahau à Anchorage Bay (12,4 km - 4h45)

Une belle journée ensoleillée s’annonce.  En route pour Marahau, Serge se trompe de sortie à un rond-point et nous voilà à nouveau en route pour Nelson.  Dix kilomètres plus tard, nous revenons au même rond-point et cette fois-ci, nous prenons la bonne direction.

Notre premier arrêt est à Marahau, porte d’entrée du parc national Abel Tasman, au magasin d’équipement de camping où nous louons un petit poêle de camping pour un prix modique. Notre deuxième arrêt est à Aqua-Taxi pour faire transporter nos sacs à dos à chaque endroit où nous passerons la nuit les trois prochains jours.

Nous sommes maintenant prêts à nous mettre en route sur le sentier Abel Tasman, équipés de nos mini-sacs à dos et de nos caméras.  Pendant quelques centaines de mètres, le sentier longe la plage et contourne la baie Marahau.

Début du sentier Abel Tasman à Marahau

Le sentier est vraiment agréable à marcher car il est en terre battue et sans roches à contourner.  Nous longeons de nombreuses baies, qui donnent sur la mer Tasman, sous le couvert des arbres qui sont très odorants, et nous traversons des ponts sous lesquels coulent des ruisseaux et des chutes. Pendant que nous marchons, les kayakistes s’en donnent à cœur joie sur l’eau et sur les plages. 


Une baie parfaite pour les kayakistes 

Une mignonne petite chute

Terrain de jeu des kayakistes
 Le temps se réchauffe énormément et le sentier monte et descend.  Maintenant nos sacs à dos sont pleins des vêtements que nous enlevons. A midi, nous nous arrêtons à la plage Stilwell pour manger nos sandwichs, petites tomates et bananes; il était temps car nos estomacs gargouillaient sans cesse.


Nous arrivons finalement à Anchorage Hut à 14h00, mais nos sacs à dos ne sont pas encore là.  Moi qui avais hâte de troquer mes bottes de marche pour mes sandales, car ma petite orteil du pied gauche est très sensible, je dois attendre l'arrivée du bateau jusqu’à 15h30.  Nous nous installons dans un dortoir de 10 lits à 2 étages que nous partageons avec de jeunes allemandes et malaisiennes ainsi qu’une maman et ses 2 filles. Durant l’après-midi, les marcheurs relaxent en lisant, en s’étendant sur la plage ou en se promenant dans les environs.  Nous allons faire un tour au terrain de camping voisin où de petites tentes sont montées pour les marcheurs et les kayakistes qui passent la nuit dans la baie. 

Anchorage Hut
Vers 17h, la cuisine commence à s’animer.  Chacun vient y cuire son repas sur les grands comptoirs en stainless, puis tout le monde s’installe aux grandes tables et font connaissance avec leurs voisins.  En soirée, le temps se rafraîchit beaucoup à l’extérieur, mais il fait bon dans la grande salle commune au coin du feu.


La salle commune d'Anchorage Hut
A 21h00, nous retournons  à notre dortoir où il n’y a pas d’électricité.  Nos lampes de tête auraient été bien utiles mais nous les avons oubliées dans l’auto à Marahau.

Jour 2 – Anchorage Bay à Bark Bay (11,5 km – 4h30)

Nous quittons la hutte d’Anchorage Bay à 8h40 en longeant la plage; le ciel est couvert de nuages et nous espérons que ceux-ci iront se déverser ailleurs que sur nos têtes.  La marée est montante et Serge, qui jase et n’est pas attentif, se retrouve les pieds dans l’eau.   En raison de la marée haute, nous devons prendre le chemin le plus long pour nous rendre à Torrent Bay. Nous débutons par une longue montée de 100 mètres qui nous prend 30 minutes.  Le sentier entre dans la forêt et nous avons comme seuls compagnons les oiseaux et les abeilles qui bourdonnent à nos oreilles. 

C'est là que le skipper du bateau-taxi va ramasser nos sacs
Nous rencontrons un marcheur équipé d’un énorme sac à dos; c’est qu’il marche avec son équipement de camping et a 25 kilomètres à parcourir aujourd’hui.  Il nous raconte qu’il demeure à Ottawa et a travaillé pour Jack Layton. Quand nous lui disons que Stephen Harper était en Nouvelle-Zélande la semaine dernière, il nous dit qu’il est bien content de ne pas l’avoir rencontré.  Certains pièces de son équipement lui ont été données par l'épouse de Jack Layton qui était en grand amateur de plein air. Il a maintenant quitté le monde de la politique car c'est un travail très exigeant et les heures de travail sont longues.

Serge et Nathan, le gars d'Ottawa
A Torrent Bay, nous traversons un petit village accessible uniquement par mer.  Il y a une vingtaine de chalets seulement et aujourd’hui nous sommes plus de marcheurs que de résidants. Nous avons dû prendre le sentier le plus long car la marée est montante; à marée basse nous aurions pu traverser par la plage et raccourcir notre trajet de 3 kilomètres.

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Sur le sentier à Torrent Bay
Voyez-vous le petit bout de plage qui est sous l'eau? C'est pour ça le grand détour.

Nous entamons une longue descente et pensons que c’est pour rejoindre Bark Bay. Mais non, c’est pour traverser Falls River sur un étroit pont suspendu. Et nous recommençons à monter à nouveau.  Comme le sentier est étroit et rocailleux, nous sortons nos bâtons de marche pour rendre les montées et descentes plus faciles.

Serge s'amuse sur le pont suspendu
Vers 13h00, nous arrivons à la hutte de Bark Bay où nous sommes les premiers. Nous avons donc le choix du dortoir et nous choisissons celui à 6 lits que nous partagerons avec un couple de Melfort, Saskatchewan, qui voyage avec leurs filles de 12 et 14 ans; ceux-ci nous avaient demandé de leur réserver 4 lits. Cette hutte est plus vieille que celle d’Anchorage mais il y a  moins de monde; nous nous sentons presqu’en famille, même si les conversations se tiennent en plusieurs langues.

Notre dortoir à Bark Bay

Le coin cuisine
Pour souper ce soir, nous mangeons le chili déshydraté que j’ai apporté dans nos bagages; on se croirait en camping.  La soirée est fraîche et ça demande un effort pour aller nous laver aux toilettes qui se trouvent à l’extérieur. La seule douche disponible est à l’extérieur, cachée derrière un paravent; on se passe de la douche encore une fois.

Non, Serge n'est pas si brave, il ne fait que semblant de prendre une douche froide
Jour 3 –  Bark Bay à Awaroa Bay

La journée s’annonce morose. Juste après le déjeuner le vent se lève, le ciel se couvre et une pluie forte commence. Nous ne trouvons aucune plaisir à aller marcher dans ces conditions, alors nous décidons de prendre le bateau-taxi pour nous rendre à notre destination de la journée; Janice, Gary et leurs deux filles font de même.  Après 45 minutes à se faire brasser à cause des fortes vagues qui frappent le fond du bateau, nous arrivons à Awaroa Bay.  Jayne et Caitlyn ont trouvé ça bien amusant.  Le skipper du bateau a la gentillesse de nous débarquer sur la plage à 5 minutes de la hutte et, malgré tout, nous arrivons tout détrempés.

A Marahau Bay sous la pluie et le vent
Nous sommes les seuls à la hutte pour le moment. Gary s’empresse d’allumer le foyer tandis que nous installons des cordes à linge pour y faire sécher nos vêtements et nos sacs.  Gary et sa famille voyagent en Nouvelle-Zélande pour 3 mois. Ils ont pris entente avec le directeur de l’école des filles pour que leurs professeurs leur envoient leurs travaux par Internet. A chaque jour, ou presque, elles vont à une bibliothèque pour utiliser un ordinateur et faire leurs travaux.  Catlyn est en 9e année et Jayne en 6e année, elles sont adorables.

Caitlyn et Jayne ont adopté Serge comme grand-père
 A l’heure du dîner la pluie cesse et le soleil apparaît.  Nathan, le gars d’Ottawa, arrive. Il a marché sous la pluie depuis Bark Bay avec son lourd sac à dos.  Nous sommes maintenant sept canadiens à la hutte. Nathan attend la marée basse puis continue sa marche jusqu’à Totartanui, 7 kilomètres plus loin où il campera.

En après-midi, nous partons par la plage pour nous rendre à Awaroa Lodge où le  bon temps et le confort sont assurés. Nous nous installons sur la terrasse, sirotons des breuvages et nous gavons de brownies au chocolat et de pains grillés avec trempettes.

La terrasse à Awaroa Lodge
Nous revenons à la hutte vers 18h00 et constatons que la marée commence à monter. Dans une baie, il est impossible de passer sans se mouiller les pieds. Serge m’embarque sur son dos, tandis que Caitlyn transporte sa mère.

Caitlyn transporte sa mère et Serge les encourage
A la hutte, plusieurs autres marcheurs sont arrivés dont un jeune français de Lorraine et sa mère qui est venue le rejoindre. Il nous offre de goûter à une boisson de chez lui, la Mirabelle de Lorraine à 45% d’alcool. Une chance qu’il nous a donné seulement un bouchon car c’est fort en titi!.  C’est bientôt l’heure d’aller nous coucher.  Caitlyn et Jayne se perche sur les lits du haut avec leurs parents, tandis que Serge et moi prenons deux matelas du bas en compagnie de deux filles que nous croisons depuis quelques jours.

Caitlyn et Jayne perchées sur leurs lits

Nos matelas à l'étage du bas à l'avant
Jour 4 – Le retour à Marahau

Le jeune français s’apprête à partir pour revenir à pied à Anchorage Bay (25 kilomètres) mais il a des ampoules aux pieds.  Je lui donne un morceau de moleskin qui, j’espère, lui permettra de ne pas trop souffrir. A 8h45, nous faisons nos adieux à la petite famille Waterhouse de Saskatachewan qui continuera sa marche pour une autre journée.

La famille Waterhouse de Saskatchewan
Puis nous partons le long de la plage, nos sacs accrochés à l’avant et à l’arrière, sandales aux pieds et bottes de marche à la main, pour aller prendre le bateau-taxi afin de retourner à Marahau. 

En route pour prendre le bateau-taxi sur la plage d'Awarao Lodge 
Déjà, la marée monte rapidement et envahit la plage; à un certain endroit, nous sommes sûrement les derniers à passer au sec.  Nous devons quand même traverser une baie dans l’eau jusqu’aux mollets.


J’aime bien marcher le matin car il n’y a pas de vent, pas ou peu de marcheurs et les oiseaux chantent.  Arrivés à Awaroa Bay, 45 minutes plus tard, l’atmosphère est si invitante que nous nous laissons tenter par un immense brownie et des jus de fruits. 


Nous descendons ensuite à la plage en espérant prendre le bateau de 10h30, bien que nous ayions réservé nos places pour le bateau de 13h30. Nous sommes chanceux, le skipper nous laisse embarquer. 

En attendant le bateau-taxi

Voilà notre taxi
A Totaranui, un peu plus au nord, Nathan, le gars d’Ottawa, embarque à bord du bateau.  Il devait continuer plus loin, mais il n’en peut plus avec son sac trop pesant.  Il retourne avec nous à Marahau.  Sur le chemin du retour, le paysage nous est familier; nous reconnaissons les baies où nous avons passé la nuit et où nous avons pique-niqué. Le bateau file à toute allure et nous arrivons finalement à Marahau à 12h30.  Le skipper accoste le bateau sur une rampe où se trouve un tracteur avec une remorque. Il monte le bateau sur la remorque, il descend du bateau et va conduire le tracteur. Maintenant nous nous promenons dans la petite ville à bord d’un bateau tiré par un tracteur; c’est assez original.

Notre bateau-taxi se promène dans la rue
Nous retrouvons notre auto, retournons le petit poêle au magasin de location, puis partons pour Motueka.

Carl : tu avais bien raison de nous conseiller d’aller à Abel Tasman; nous en gardons de merveilleux souvenirs.


Et pour ceux qui s’inquiètent de mes orteils, et bien, elles vont beaucoup mieux.

5 commentaires:

  1. Quelle idée saugrenue de se promener avec un sac à dos pareil! Je n'y vois tellement pas d'intérêt! Mais la vue sur la plage, oui. Jaser avec des étrangers aussi. Regarder les montagnes, bien sûr. Mais le camping et le sac à dos???

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    1. Je reconnais bien là la princesse qui voyage en "classe affaire". Le bon côté de voyager avec un sac à dos, est que tu n'apportes pas avec toi un paquet de cossins inutiles. Il faudrait que tu essaies un jour.

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  2. Bravo les parents....continuez!!!!

    Ici tout va bien...la neige a fondu et Camille est malade...Chloe par contre est en pleine forme!!

    Bonne soiree

    Mr. Anonymous

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  3. J'ai réussi à lire votre récit alors que nous sommes en Floride, bonne continuation, vous êtes courageux. Lise et Yvan

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